Entretien avec Roger Piarulli, Directeur général de la Fédération mondiale de Taekwondo

 

L’UNESCO a le plaisir de rendre cet entretien disponible et libre de droit en version texte et audio pour célébrer la Journée Mondiale de la Radio 2018. Les stations de radios sont tout particulièrement encouragées à diffuser cet entretien, que ce soit dans sa totalité ou bien en extrayant les réponses et en posant les questions directement.

L'UNESCO a eu le plaisir de s'entretenir avec Roger Piarulli, Directeur général de la Fédération mondiale de Taekwondo et Directeur exécutif de la Taekwondo Humanitarian Foundation.

 

 

 

Le Comité International Olympique (CIO) a décerné à la Fédération Mondiale de Taekwondo un diplôme d’excellence « Femmes et Sport » en reconnaissance à votre contribution à la promotion du développement et de la participation des femmes et des filles dans le sport. Pouvez-vous nous préciser les mesures prises par la Fédération afin de rendre le sport plus égalitaire?

Nous avons décidé d’avoir des mesures concrètes et la mesure la plus concrète a été d’avoir 50% d’arbitres femmes aux JO de Rio. Ce qui a été fait. Cela a été une décision top down de notre président pour mettre en place cela a nécessité beaucoup de formation. Mais ça a eu un effet positif et un effet boule de neige. C’était le but recherché pour que les femmes – vous savez les femmes aujourd’hui sont un peu sous représentées dans le sport – mais surtout dans les sports de combat. Donc ça a été une volonté très forte de notre part que de lancer cette initiative.

Comment pensez-vous qu’il est possible d’assurer une couverture des sports féminins égalitaire comme c’est le cas dans le Taekwondo pour les autres sports?

Je crois que les médias ont également une place prépondérante à faire sur ça. Lorsque vous regardez la médiatisation aujourd’hui, je prends l’exemple du football, entre le football homme et le football féminin, le football féminin commence seulement. Je pense que les parties médias doivent donner davantage. Je crois qu’il y a une loi en France qui est de donné plus d’images télévisuelles. Je pense que c’est une bonne chose aujourd’hui que de forcer parce que s’il n’avait pas eu une décision top down de notre président pour avoir cet effet à rio, nous n’en serions malheureusement pas là et donc il aurait fallu encore beaucoup de temps. Il faut parfois être un peu directif pour emmener et assurer une médiatisation plus importante.

Parlons également de la Taekwondo Humanitarian Foundation qui a été active dans plusieurs camps de réfugiés. Pouvez-vous nous en dire plus sur la façon dont la fondation a aidé les gens dans le monde?

Ecoutez la fondation aujourd’hui c’est Taekwondo Humanitarian Foundation, nous sommes présents dans des camps de réfugiés, en Jordanie, en Turquie, nous sommes également présents au Rwanda, prochainement à Djibouti. Tout à l’heure je parlais de responsabilité sociale : dans les camps nous mettons en place des instructeurs que nous payons, que nous formons, nous apportons les équipements et nous faisons de l’éducation sportive. Pas simplement sportive mais aussi de l’éducation. Nous travaillons avec le HCR sur ces projets.

Pensez-vous que de tels efforts obtiennent la couverture médiatique qu’ils méritent? Comment peut-elle être améliorée?

Je pense que pour changer l’image du sport, on parle trop souvent d’images négatives telles que le dopage, de la triche, pour nous il est important de changer un peu cette image du sport ; que d’avoir une image également tout simplement de paix, de transparence, de fairplay, d’engouement populaire.