Article : Des thématiques essentielles comme l’égalité des genres ou les ressources naturelles mobilisent les jeunes à la radio

Cet article est libre de droits. Ismael Moreno Coto et l'UNESCO autorisent les radio et télédiffuseurs, la presse écrite et le grand public à utiliser en partie ou en totalité cet article pour célébrer la Journée mondiale de la radio 2015.

Père Ismael Moreno Coto, Directeur de Radio Progreso


La jeunesse demeure un défi pour la radio. Il est fréquent d’entendre dire qu’une radio est « jeune » parce qu’elle diffuse beaucoup de musique à la mode destinée aux jeunes et aux adolescents, évite les contenus sociaux et politiques et offre une programmation hétéroclite et erratique. Dans la zone couverte par notre radio, il existe plusieurs radios « jeunes » de référence qui correspondent à ce profil. Les voix ne manquent pas, y compris au sein de notre radio, pour promouvoir, davantage par posture que sous l’effet de réelles pressions, l’idée que la radio doit concurrencer ces stations.

Cependant, une radio « jeune », ou qui vise un public jeune, n’est pas forcément incompatible avec des contenus ou une orientation à caractère clairement social et politique. Pas plus que les contenus ou les orientations politiques affirmées ne sont incompatibles avec la musique ou le divertissement. C’est là que réside l’un des défis les plus intéressants, provocateurs et originaux pour la radio.

Un des facteurs qui contribuent certainement à ce que les contenus sociaux et politiques soient en adéquation avec les centres d’intérêt de la jeunesse est l’enracinement qu’une radio peut avoir. L’expérience nous enseigne qu’une radio ancrée dans un milieu social, en tant que média d’investigation et à vocation sociale, atteint des niveaux d’audience très élevés auprès de la population à laquelle ses programmes s’adressent et contribue à resserrer les liens entre la société et la radio.

Des thématiques essentielles telles que l’égalité des genres, en particulier la lutte contre la violence à l’égard des femmes, la préservation des ressources naturelles et des territoires des communautés, la promotion de l’art et de la culture et la défense de l’éducation ont mobilisé et continuent de mobiliser la jeunesse. Comment ? En impliquant directement les jeunes dans la programmation de la radio, en mettant en place des programmes de formation de la jeunesse au sein des communautés, rapprochant ainsi la radio du quotidien et de l’environnement des jeunes, et en organisant des manifestations pour la jeunesse autour de l’art et de la culture.

Les jeunes sont intégrés et directement associés à notre projet social de communication, d’investigation et de développement social. Ce sont eux les principaux coordonnateurs des différents secteurs et responsables d’équipe. La coordonnatrice générale du secteur de la communication est une jeune femme de 29 ans, la responsable du multimédia a 24 ans, le responsable des écoles de formation politique et citoyenne dans la zone nord-ouest est âgé de 22 ans et le responsable de la presse radio et écrite est âgé de 33 ans.

En outre, la programmation de la radio fait des jeunes ses destinataires prioritaires ; il y a parmi nos programmes une rubrique quotidienne destinée exclusivement aux jeunes, tandis que d’autres programmes culturels et artistiques permettent les échanges entre jeunes des différents quartiers et communautés, à la manière d’un réseau de la jeunesse pour la promotion de la culture.■


À propos de l’auteur
Ismael Moreno Coto, jésuite hondurien plus connu sous le nom de « Père Melo », est âgé de 52 ans. Il est directeur de Radio Progreso et de l’Équipe de réflexion, de recherche et de communication (ERIC). Créée en 1961 et située dans la ville septentrionale d’El Progreso, la station a été acquise par la Compagnie de Jésus du Honduras en 1970. En raison de son engagement résolu pour la défense des droits de l’homme, la radio est régulièrement la cible d’attaques et de fermetures, et ses journalistes subissent encore aujourd’hui de nombreuses menaces. Le 11 avril dernier, le responsable marketing de la station, Carlos Mejía Orellana, âgé de 35 ans, a été assassiné, trois ans après le jeune correspondant Nery Jeremías Orellana, âgé de 26 ans. À ce jour, ces deux crimes n'ont pas encore été élucidés.
 

Avertissement
Les désignations employées dans cet article et la présentation des données qui y figurent n’impliquent de la part de l’UNESCO aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Les idées et les opinions exprimées dans cet article sont celles des auteurs ; elles ne reflètent pas nécessairement les points de vue de l’UNESCO et n’engagent en aucune façon l’Organisation.

Image: © Radio Progreso